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Point de vue féministe sur la PMA et la Maternité des femmes isolées ou en couple lesbien

En tant que féministe, je demande une loi sur la filiation permettant la naissance d’enfants hors couples hétérosexuels, sans filiation sociale paternelle ni effacement complet du père biologique.

La « PMA » est probablement un danger de santé pour les enfants nés de ces techniques, elle est un piège autant sinon plus qu’une liberté pour les femmes : faisons en sorte qu’elle ne soit pas une aberration juridique totale …

Entre la revendication lesbienne ou de femmes seules d’enfants nés d’inconnus, et la réaction patriarcale ou traditionaliste, une autre voie soucieuse d’abord de la vie et des enfants mène à proposer une réforme de la filiation permettant, sans l’encourager, la naissance d’enfants : hors couples hétéros mais sans effacement du père biologique.

Une reconnaissance préconceptionnelle assortie d’une renonciation à tout droit parental éventuel pourrait être instituée.

Un homme et une femme souhaitant tenter de concevoir sans qu’existe aucun lien social de filiation entre le père biologique et l’enfant, devraient pouvoir déclarer cette intention. Par exemple au conservatoire national des origines.

Le père devrait s’engager à fournir les informations médicales utiles à la santé de l’enfant.

L’enfant n’aurait aucun devoir filial envers son père biologique, et vice versa.

L’acte de naissance de l’enfant mentionnerait l’existence de la déclaration de filiation biologique, permettant à l’enfant majeur de retrouver s’il le souhaite son père biologique, par exemple en s’adressant à ce conservatoire.

Quels avantages auraient cette reconnaissance ?

Cette institution permettrait de résoudre les obstacles à la disparition de l’anonymat et d’enrayer les tentatives de marchandisation de la procréation parmi les homosexuel-les.

Les couples de futurs parents homosexuels ont, dans un silence et une discrétion remarquables, depuis des décennies fondé des « familles homoparentales », entre une femme et un homme homosexuelles, vivant par ailleurs leur vie affective avec une femme ou homme. Ces familles-là se sont fondées gratuitement. Seuls des notaires ont pu connaître leur existence.

L’anonymat a surgi comme revendication par les femmes lesbiennes devant la difficulté rencontrée ou crainte dans ces formes-là de familles, confrontées aux mêmes écueils que les autres couples séparés : violences masculines utilisant les droits du père pour malmener mère et enfant. En réalité donc, ce n’est pas tant l’anonymat qui peut répondre à leur besoin de tranquillité familiale, que la renonciation du père biologique à ses pouvoirs d’emprise éventuelle, au bénéfice des droits de la mère biologique.

Du côté des hommes l’incompréhension, le manque de préparation aux conséquences pour eux de la naissance de l’enfant dans ces conditions bien particulières a mené aussi à des souffrances. Une renonciation préalable totale clarifierait les choses quand il en encore temps pour eux. Elle serait un peu l’équivalent du geste d’accouchement sous X pour les femmes : un geste d’amour permettant de donner la vie, lorsque l’obligation au lien parental peut l’empêcher. Comme cet accouchement-là, le geste ne serait pourtant pas irréversible avec l’appui d’une institution comme le conservatoire des origines.

Les marchands de gamète ont au contraire intérêt à faire grossir la demande d’anonymat pour légitimer leurs prestations presque totalement inutiles autrement, sauf pour des personnes absolument allergiques à un contact physique avec des personnes d’un sexe différent.

Cette institution nouvelle aurait surtout à mon sens l’avantage de favoriser les conceptions naturelles d’enfants, car le risque majeur de toutes les techniques de fécondation autres que les rapports physiques est le risque physique de malformation des enfants.

Des études montrent des taux de malformations plus élevés chez les enfants issus de PMA.

L’omerta sur ce risque est terrible, honteuse.

Les revendications féministes ou lesbiennes qui négligent ce risque, comme l’ont négligé les précédentes revendications de PMA « hétérosexuelles » « avec père », sont donc largement irresponsables.

Les mouvements féministes exhibitionnistes qui balancent des images de l’anatomie féminine à la face des passants, enfants compris, feraient mieux de s’inquiéter des conséquences de la non prise en compte par la doxa dominante de l’importance du respect du corps des femmes dans la conception des enfants.

Des peuples « Anciens » croyaient que le plaisir des femmes étaient nécessaire à la fécondité et à la santé de l’enfant, la nature faisant rarement des choses et organes inutiles, je pense probable qu’ils avaient raison, et que seul l’égoïsme furieux de certains homoncules a fait oublier cette évidence.

La bonne santé des enfants dépend du plaisir et de la bonne santé physiques et psychologique des femmes, des mois avant et pendant la conception et après.

Voilà la vérité qu’il faut faire comprendre massivement.

Mais alors pourquoi permettre la « PMA pour toutes » ?

Je suis à la fois contre l’interdiction actuelle de la « PMA » aux femmes et contre sa propagation. J’estime que nous sommes là devant une problématique qui touche aux limites du pouvoir du droit, une problématique très semblable à celle de la législation sur l’avortement, qui est pour moi un acte terrible … de même que son interdiction.

L’interdiction de la « PMA sans père » relève de la conception patriarcale visant à la mise sous contrôle des femmes et de leurs corps, de leurs relations sociales et sexuelles, à la répression des « femmes qui font des enfants toutes seules ».  Cette conception mène à des obligations faites aux femmes de désigner le père de leur enfant, de l’admettre dans leur maison même lorsque l’enfant est né de viol, à des suppressions d’aides aux femmes seules pour les contraindre à vivre sous la dépendance d’un homme, et autres inventions d’un patriarcat assez machiavélique.

Mais dans l’autre sens, la promotion de la « PMA avec donneur anonyme » est la fabrication de mères et familles féminines abandonnées « avec préméditation » à leur vulnérabilité, une forme organisée d’exploitation supplémentaire.

Que peut faire le droit face à ces risques opposés : à vrai dire pas grand-chose, puisqu’il ne peut obliger les personnes à s’aimer réellement assez pour que les enfants naissent dans les conditions optimales, soit, à mon humble avis, au sein d’un couple hétérosexuel qui s’aime.

Mais si l’humanité avait attendu des conditions idéales pour se reproduire, aucun d’entre nous ne serait là aujourd’hui.

En France, l’opposition à la « PMA pour toutes  les femmes » a deux sources proches mais en réalité distinctes.  D’une part, le patriarcat qui exige le contrôle masculin sur la maternité. « Mesdames, vous n’aurez pas d’enfants sans notre autorisation. SI nous l’ordonnons vous serez ensemencées. Si nous l’ordonnons vous serez avortées, et punies de surcroît pour l’avoir été. ». Telle fut longtemps la loi du patriarcat. D’autre part, le traditionalisme catholique, qui prône, si l’on se donne la peine de lire les encycliques, une famille basée sur l’amour et le don, et la conviction que la famille biologique unie est le meilleur cadre pour donner la vie et le bonheur aux enfants. Conviction qui est aussi la mienne. Ces deux sources s’opposent parce que, dans une grande part, l’égoïsme masculin est légitimé par l’une et combattu par l’autre (Cette question nécessite des explications qui ne sont pas l’objet du présent texte).

La « PMA » nous est de plus en plus présentée comme une liberté et une nécessité pour le respect des droits des lesbiennes ou femmes seules. Cette présentation est à l’évidence un « packaging » mercantile, pour un marché de la vente de gamète. Avec ses marchés dérivés : soins physiques aux enfants malformés, soins psychologiques aux mères et enfants en souffrance, puis pourquoi pas marché secondaires des enfants de mères isolées ne s’en sortant plus ….

 Pour ma part, je suis féministe universaliste, abolitionniste, et pour le mariage entre personnes de même sexe, je suis contre l’intervention de la loi dans la relation entre la femme enceinte et son enfant, donc pour la suppression d’un droit réprimant les femmes qui mettent fin à leur grossesse (cette question nécessite aussi des explications qui ne sont pas l’objet du présent texte), et j’estime que tous les adultes sont, d’abord et avant toute autre considération, responsables envers les enfants et les générations futures.

Un des aspects de cette responsabilité est …. de leur donner vie.

Cette vision me conduit à penser, que dans la situation actuelle qui est loin d’être parfaite pour la vie familiale, le droit peut proposer des aides aux personnes voulant, dans ses conditions imparfaites, et en ayant connaissance, donner néanmoins à de nouveaux êtres humains la chance de naître, sans faire l’objet de ventes, en bonne santé, dans un environnement tranquille, en attendant, à leur majorité, de pouvoir s’ils le souhaitent connaitre toute leur parenté.

 Elisseievna

Militante féministe universaliste

 

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