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Séparations conflictuelles et aliénation parentale

41-ua-ysbfl-_sx337_bo1204203200_L’« aliénation parentale, voilà une expression qui envahit de plus en plus les audiences des JAF (selon Marc Juston, elle concernerait 13 % des enfants de parents séparés, dont 6 % de manière grave). Pourtant,  un certain nombre répugnent encore à l’utiliser, comme l’explique l’ouvrage remarquable publié sous la direction de Roland Broca et d’Olga Odinetz : « Séparations conflictuelles et aliénation parentale ». D’abord, étymologiquement, elle renvoie à l’univers inquiétant de la folie. Ensuite, elle  ne figure pas en tant que telle dans la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5). Enfin, certains craignent que le concept, utilisé de façon abusive, soit utilisé de manière fallacieuse pour occulter les réelles maltraitances infligées à l’enfant.

Une définition délicate – Même la définition de l’aliénation parentale fait débat, certains la centrant sur le comportement de l’enfant et sa participation active dans le dénigrement de l’autre parent, d’autres sur le comportement du parent aliénant envers le parent aliéné et d’autres encore uniquement sur l’enfant sans faire aucune référence à l’influence du parent aliénant. Pour faire consensus, Paul Bensussan propose de se référer à la définition la plus simple et d’appeler « aliénation parentale » « toute situation dans laquelle un enfant rejette un parent de façon injustifiée, ou tout du moins inexplicable par la qualité antérieure de la relation », mais de la réserver aux cas les plus graves.

Des conséquences dramatiques – De façon inquiétante, Marie-France Hirigoyen souligne que l’on assiste actuellement à une multiplication des cas d’aliénation parentale dans les sociétés occidentales. En cause, les mutations des rôles masculin et féminin et le narcissisme ambiant : une société narcissique produit avant tout des individus narcissiques. Un enfant constitue alors  « un prolongement narcissique, un signe de réussite sociale, d’où l’importance pour eux de « gagner » leur divorce en obtenant la résidence de l’enfant qu’elle qu’en soit la conséquence pour celui-ci ». Alors pourtant qu’elle pourra être désastreuse. « Les enfants présentent un risque accru de troubles de la personnalité le plus souvent de type narcissique avec une intolérance à la frustration, une difficulté à générer leurs agressivité et une tendance à se placer dans une position de toute-puissance. Il semble qu’ils présentent plus que d’autres des troubles des conduites alimentaires et des conduites à risque, toxicomanie et conduites antisociales ». Le constat est tout aussi dur pour le parent aliéné. L’auteur relève, qu’une fois adulte, l’enfant ne se rapprochera que très rarement du parent rejeté. Il pourra réussir à se dégager du parent aliénant, « mais ce sera souvent pour partir au bout du monde, une façon de rompre avec les deux parents, afin d’être sûr de ne pas avoir à choisir une fois de plus entre eux deux ».

Indices – Repérer le parent aliénant n’est pas chose facile tant iI saura séduire et se poser en victime. Pour Marie-France Hirigoyen, il  faut se méfier du parent qui se présente comme le « bon parent » « sans ambivalence et tend à critiquer un peu trop l’ex-conjoint ». Quant aux enfants, ils présentent souvent la particularité de ne présenter aucune sensibilité à l’égard du parent aliéné, alors qu’un enfant victime de sévices ou de maltraitance psychologique sera le plus souvent dans l’ambivalence cherchant à se faire accepter par le parent violent.  Alexis Chalom observe de même que, « dans les familles où il y a eu des violences réelles, le parent maltraitant n’est pas totalement rejeté et dénigré ni par les enfants ni même le plus souvent par le parent gardien. Alors que dans des situations d’aliénation parentale, où les violences et maltraitances réelles ont été nulles dans la quasi-totalité des cas, le rejet du parent visitant, qui semblent le plus souvent parfaitement irréprochables et pour lesquels on ne peut par suite que fantasmer et imaginer d’éventuelles insuffisances, est massif et clivé, voire binaire et absolu ».

Que faire par rapport aux parents aliénant ?– Selon Marie-France Hirigoyen, la menace de sanction joue un rôle structurant chez les parents aliénant, car ces individus craignent l’autorité. Le juge peut alors imposer une mise à l’épreuve avec la menace d’une modification du droit de visite et d’hébergement, de transfert du droit de garde à l’autre parent, voire une menace de prison. Dans tous les cas, cela aurait au moins le mérite de déculpabiliser l’enfant qui pourrait voir chacun de ses parents avec le prétexte d’éviter au père/à la mère aliénant(e) d’aller en prison.

Quelques pistes à explorer – Les différents auteurs de l’ouvrage proposent plusieurs pistes de réflexion. Ne pouvant faire état de chacune, nous n’en avons retenu que quelques-unes.

Les MARD d’abord. Marc Juston a pu constater que le judiciaire pouvait favoriser l’aliénation parentale, le conflit initial étant aggravé par la procédure, par les pièces et attestations produites au dossier, par les paroles prononcées, parfois par les conclusions et plaidoiries de l’avocat. Et ce d’autant qu’avec la réforme du divorce de 2004, les torts et griefs sont le plus souvent passés sous silence. On ne parle plus de la mauvaise épouse ou du mauvais époux, mais davantage de la mauvaise mère ou du mauvais père. Les modes alternatifs de règlement des litiges doivent donc être privilégiés et spécialement la médiation.  D’autres, à l’instar de Christine Ravaz, avocate, estime qu’il conviendrait de séparer totalement la procédure de divorce et la procédure concernant les enfants, pour qu’il n’y ait plus aucune immixtion de l’enfant dans le conflit parental.

Évidemment, une formation adaptée des différents intervenants est essentielle. S’agissant des experts, Michel Delage note qu’« il serait temps que les experts désignés s’entraînent à examiner l’axe relationnel entre les partenaires concernés ». Car les « psys » sont surtout formés « à examiner les aspects psychopathologiques individuels ». Alors qu’il faut envisager « une expertise familiale relationnelle ou expertise familiale systémique ».

De plus en plus de praticiens réfléchissent à la mise en place d’interventions mixtes qui pourraient intégrer les principes de l’expertise dynamique et la guidance parentale (mis en place depuis près de vingt ans dans différents États au Canada), dans un cadre psychojudiciaire. Le processus d’intervention familiale encadrée (PIFE), décrit par Benoît van Dieren et Célia Lillo, va en ce sens. « Dès qu’un juge ou qu’un avocat s’aperçoit qu’il existe un risque de rupture de lien parent-enfant, il peut proposer aux parents une intervention de guidance psychojudiciaire encadrée par le tribunal, qui pourrait s’intercaler dans le cours de la procédure de séparation à proprement parler, particulièrement en cas de non-respect des décisions judiciaires ou d’obstruction au retissage (justifié) du lien d’un parent avec son enfant ». L’expérience menée à Cochem, en Allemagne, est également intéressante. Une « coopération ordonnée » y a vu le jour. Ce qui signifie, explique Roland Broca, « d’abord une règle qui s’impose aux intervenants professionnels impliqués dans la gestion du conflit familial, avocats, juges, conseillers aux tribunaux de la jeunesse, experts. Ils doivent s’investir et participer ensemble de manière la plus volontaire possible, à la résolution du conflit familial ».

Les mauvaises solutions – L’exercice du droit de visite en espace rencontre (ER) ne serait pas être une voie à suivre, du moins, selon Alexis Chalom, pour les cas les plus sévères. « Les ER ne peuvent constituer une indication adaptée pour les situations d’aliénation parentale, ou plutôt, qu’elles ne peuvent constituer une indication appropriée que dans les cas où l’inversion de garde a déjà été prononcée par la justice. C’est-à-dire les cas où c’est le parent qui, ayant été « aliénant », et s’étant vu par suite retiré la garde de son/ses enfant(s), va venir le(s) rencontrer en ER ». La désignation du domicile d’un tiers digne de confiance pour l’exercice du droit de visite et d’hébergement du parent rejeté est donc préférable.  Le placement de l’enfant est également une solution à éviter, dès lors qu’il renforcera l’amour de l’enfant pour le parent aliénant selon Christine Ravaz.

La parole de l’enfant – En cas d’aliénation parentale, la vulnérabilité psychique de l’enfant impose que soit appliqué de façon restrictive le droit de l’enfant d’être entendu en justice et de mettre véritablement en œuvre le droit de l’enfant à maintenir le lien avec ses parents. Dans un tel contexte, la CEDH n’accorde aucune valeur à la parole de l’enfant sauf à mettre en œuvre des investigations supplémentaires. Le CEDH, en réalité, n’accorde de valeur à la parole de l’enfant qu’à la condition que celle-ci ait été recueillie dans un climat serein. Longtemps restée sourde à cette jurisprudence de la CEDH – l’audition de l’enfant étant  imposée même dans des situations de conflit de loyauté –, la Cour de cassation se montre plus sensible au syndrome d’aliénation parentale à propos de la notion de discernement, notion centrale dans ce contentieux. Récemment, la Cour de cassation (Civ. 1re, 23 nov. 2011, n° 10-16.367), remarque Sophie Paricard, a délaissé le seul critère de l’âge et constaté le défaut de discernement de l’enfant du fait de « l’existence de pression le plaçant au centre de conflits d’intérêts ». « La notion de discernement doit donc s’appliquer non seulement à la maturité intellectuelle d’un enfant mais également à l’absence de pressions entraînant une altération de sa faculté de jugement ».

Conclusion – Cet ouvrage, conforté par la décision de la Cour de cassation du 26 juin 2013 (n° 12-14.392), invite les juges de fond à rechercher l’existence du syndrome d’aliénation parentale au moyen d’expertises et à prendre en considération un tel diagnostic dans l’appréciation de leurs décisions. Olga Odinetz et Roland Broca soulignent que « les parents qui ont réussi à faire face à une rupture de liens avec leurs enfants, à ne pas perdre pied et à trouver des solutions :

  1. étaient rationnels, raisonnables et contrôlaient leurs émotions ;
  2. n’ont jamais laissé tomber malgré leur découragement ;
  3. ont pu faire face aux dépenses nécessaires ;
  4. avaient un avocat qui connaissait la problématique de l’aliénation parentale ;
  5. s’étaient mis eux-mêmes au courant des lois et du fonctionnement des tribunaux ;
  6. ont fait appel à une expertise médicolégale de qualité ;
  7. avaient un projet pour l’éducation des enfants ;
  8. ont recherché la paix et les solutions pour l’avenir ;
  9. on tenu un journal de bord des événements ;
  10. ont toujours respecté les droits de visite de l’autre parent ;
  11. se sont intéressés exclusivement à leur enfant ;
  12. ont toujours respecté la loi à la lettre (ont toujours payé la pension par exemple) et n’ont jamais fait justice eux-mêmes.
  • Plan et auteurs de l’ouvrage

1ERE PARTIE: CONCEPT D’ALIÉNATION PARENTALE: DIAGNOSTIC ET ÉVALUATION CLINIQUE

Chapitre 1 – Émergence du concept d’aliénation parentale et sa reconnaissance en France
Par Olga Odinetz.

Chapitre 2 – Pourquoi tant de haine après tant d’amour?
Par Roland Broca, psychiatre et psychanalyste.

Chapitre 3 – L’enfant rejetant : une perspective clinique et cognitive
Par Gérard Poussin, psychologue.

Chapitre 4 – L’expertise de l’aliénation parentale
Interview de Paul Bensussan, psychiatre.

Chapitre 5 – L’aliénation parentale comme abus de faiblesse
Par Marie France Hirigoyen, psychiatre.

2EME PARTIE : LES ACTEURS ET LES DISPOSITIFS PSYCHO-JUDICIAIRES

Chapitre 6 – Le juge des affaires familiales: du conflit de loyauté à l’aliénation parentale
Par Marc Juston, juge aux affaires familiales.

Chapitre 7 – Chez le juge des enfants
Par Olga Odinetz.

Chapitre 8 – Les espaces de rencontre face à l’aliénation parentale
Par Alexis Chalom, psychologue.

Chapitre 9 – Dans la robe d’un avocat
Par Christine Ravaz, avocate.

Chapitre 10 – Aliénation parentale, plaintes et réponses pénales
Par Olga Odinetz.

Chapitre 11 – Les droits fondamentaux de l’enfant
Par Sophie Paricard, juriste maitre de conférences.

Chapitre 12 – Histoires de vies et témoignages de parents
Par Olga Odinetz.

Chapitre 13 – Vie d’adulte après une enfance aliénée
Par Olga Odinetz.

3EME PARTIE : INTERVENTIONS RESTAURATIVES ET REMÉDIATIONS

Chapitre 14 – Séparations conflictuelles et souffrance des enfants: la place des soins ?
Par Michel Delage, psychiatre.

Chapitre 15 – Expertise collaborative et Processus d’Intervention Familiale Encadrée
Par Benoît van Dieren et Célia Lillo, psychologues.

Chapitre 16 – La guidance parentale
Par Roland Broca, psychiatre et psychanalyste.

Chapitre 17 – Un changement de paradigme : le modèle de Cochem
Par Roland Broca, psychiatre et psychanalyste.

Chapitre 18 – Le modèle de consensus parental de Dinant
Par Bee Marique, avocate.

Chapitre 19 – Réflexions d’un juge aux affaires familiales. Pour un meilleur partenariat entre magistrats et avocats
Par Marc Juston, juge aux affaires familiales.

Conclusion – Recommandations pour les parents
Par Olga Odinetz et Roland Broca.

Documents et annexes

 

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  1. Comité de Défense des Droits Parentaux
    20/09/2016 à 17:51 | #1

    Nous avons, ici, bien de la chance d’avoir Paul Bensussan, Marie-France Hirigoyen, Benoît van Dieren, Célia Lillo, Christine Ravaz et Olga Odinetz (que je connais bien… et leurs avis et travaux que je partage à 100 %) et qui, pour ma part, sont parmi les meilleurs spécialistes mondiaux de la notion  »aliénation parentale » et de ce qu’il faut faire pour ne plus détruire des familles…

    Bref… je crois rêver… serions-nous à la fin de ce régime d’  »État Voyou » ? où nous n’avons plus le droit à élever, à aimer, à choyer nos enfants ? et à leur constituer un bon avenir ?

  2. 21/09/2016 à 05:10 | #2

    La lecture de ce résumé ne donne pas du tout envie d’acheter le livre !
    .
    Dans la liste des auteurs, il n’y a aucun psychologue scientifique, aucun chercheur, mais seulement quelques cliniciens d’obédience et/ou de pratique psychanalytique !
    .
    Rappelons que la psychanalyse n’est pas du tout scientifique. Elle a déjà subit ces 3 condamnations :
    – En 1980, toutes les références freudiennes ont été retirées du DSM III pour leur absence de scientificité.
    – En 2004, un rapport de l’INSERM démontre qu’elle est sans efficacité sur le plan thérapeutique.
    – En 2010, elle a été désavouée par la Haute Autorité de Santé pour sa fausse prétention à pouvoir soigner l’autisme.
    .
    Cela explique probablement le point de vue totalement déconnecté de la réalité de Madame Hirigoyen : « En cause, les mutations des rôles masculin et féminin et le narcissisme ambiant…/…. » ! Sans être psy, Monsieur Juston est certainement plus pragmatique dans son approche.
    .
    Cependant, ce n’est pas aux cliniciens et encore moins aux psychanalystes d’écrire la science. Le fait d’être médecins ne leur donne pas forcément (implicitement) cette compétence. Il faut noter qu’il existe une planquée d’ouvrages sur l’aliénation parentale rédigés par des psychiatres ou pédopsychiatres de pratique psychanalytique et même par des psychanalystes ! Ces ouvrages manquant de rigueur et se rapprochent davantage du roman de science fiction (ou d’horreur) que de la science. C’est dommage. L’existence de ces ouvrages ne fait que renforcer l’influence de l’immense majorité des psychanalystes (les méchants) qui contredisent l’existence de l’aliénation parentale.
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    La psychanalyse est construite sur des dogmes vieux d’il y a plus de cent ans, jamais révolus car irréfutables comme la religion (d’où les condamnations) : La théorie de l’étayage, les relations d’objets, la théorie des pulsions. Ces théories sont à l’origine de ce que les psychanalystes décrivent comme étant une hiérarchie des rôles parentaux avec la mère dans le rôle « primaire ». Pour les psychanalystes, la mère doit donc être le parent à privilégier pour la garde des enfants lorsque les parents se séparent et que les enfants sont jeunes. De ce fait, la majorité des psychanalystes réfutent l’aliénation parentale car le seul moyen de la combattre est d’instaurer une résidence alternée.
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    Les psychanalystes ne peuvent être favorables à la résidence alternée puisqu’elle place les deux rôles parentaux à égalité. En conséquence, les psychanalystes (et les cliniciens) les plus farouchement opposés à la résidence alternée sont généralement aussi ceux qui sont opposés à l’existence de l’aliénation parentale.

  3. Comité de Défense des Droits Parentaux
    21/09/2016 à 11:39 | #3

    Je dois encore m’insurger contre ce pittoresque Pierre Laroche, qui, sous des réalités (oui la psychanalyse n’est pas une science exacte) se permet de critiquer négativement les travaux de ces bons professionnels (de la connaissance du psyché humain) et des bonnes relations parents / enfants,… pour se permettre de semer des doutes aux personnes qui ne connaissent pas les effets et les conséquences du SAP…
    Depuis plus de 22 ans, j’ai pu aborder plus de 10.000 (ou + de 15.000 ? ) témoignages sur plus de 2,5 millions de situations conflictuelles de séparations ou de divorces… En tant qu’esprit scientifique, j’ai donc pu étudier ces situations où j’ai constaté que tous les témoignages allaient dans le même sens : des pères et des mères rejetés, haïs,… sans raison valable… et qu’en fait, j’ai pu me rendre compte que pour savoir s’il y avait… oui, ou non,… aliénation parentale (SAP/AP/TAP/SDM/SDS,…).. une simple boulangère pourrait le savoir ! En effet, il existe 1 questionnaire permettant d’identifier… on non… l’existence d’une aliénation parentale qui est l’une des plus graves maltraitances sur les enfants…
    Alors, j’estime hautement que ce  »Pierre Laroche » qui s’oppose à la littérature décrite sur l’aliénation parentale , est opposé à ces réalités, — comme jadis ceux qui étaient opposés au principe que la Terre était ronde — et dès lors, il /elle passe son temps à salir les gens qui travaillent sur des réalités existentielles faisant souffrir des enfants et des parents dont leurs liens de loyauté ont été brisés… et à raconter des sornettes…
    Bien sûr que la liberté de parole est sacrée ! Mais la médiocrité ? comment peut-on la considérer ?

  4. 21/09/2016 à 12:53 | #4

    Cher Comité de Défense des Droits Parentaux, vous écrivez plus vite que vous ne lisez… Je ne m’oppose pas aux écrits sur l’aliénation parentale. Je conteste la légitimité de certains professionnels qui n’ont pas de compétence scientifique mais qui s’imposent dans le débat car cela permet aux vrais contestataires (Maurice Berger, Bernard Golse, Marie-Christine Gryson, etc.) de se faire une place de choix notamment dans les médias. Par exemple, selon Madame Hirigoyen, les mutations des rôles masculin et féminin et le narcissisme ambiant seraient une cause… Quelles sont les sources fondées de cette affirmation qui ne sort de nul part ? Que Madame Hirigoyen dénonce les problématiques liés à l’aliénation parentale est très bien. Qu’elle prétende faire de la science, alors qu’elle est de pratique psychanalytique, me dérange beaucoup. Je préfèrerai qu’elle se cantonne à son rôle de clinicienne. Cela vaut pour bon nombre de psychiatres ou pédopsychiatres de cette pratique obsolète.

    • La rédaction
      21/09/2016 à 13:46 | #5

      Mon billet sur le forum n’est qu’un compte-rendu de l’ouvrage que j’ai lu. J’ai fait le choix de reproduire certains passages. Mais on ne saurait réduire la pensée des auteurs à ces simples extraits. Ce serait nécessairement réducteur et inexact.

  5. Comité de Défense des Droits Parentaux
    21/09/2016 à 15:15 | #6

    @Pierre Laroche
    En fait, vos écrits, ci-dessus sont complètement « hors sujet » par rapport aux travaux des professionnels que j’ai cité… Oui, je suis bien d’accord avec vous sur ce que vous écrivez sur Maurice Berger, Bernard Golse, Marie-Christine Gryson,… et surtout (et j’ajoute) Jacqueline Phélip… qui sont autant de semeurs de confusions… comme d’autres d’ailleurs, en Belgique, tel le Dr Yvan Dayez et l’un de ses collaborateurs le Dr de Becker, visiblement contre les bonnes pratiques concernant l’éducation, les soins,… pour les très jeunes enfants, de quelques mois à 3 ans, lesquels, selon leurs avis, doivent être confiés exclusivement à leurs mères…
    Le Dr de Becker osa dire sur le plateau de RTL: « l’égalité entre les femmes et les hommes, ça n’existe pas. Car un homme n’est pas égal à une femme… ». Bref, ce pédopsychiatre n’a pas compris que l’égalité que nous avons demandée, en Belgique, entre les pères et les mères, se situe en droits et en devoirs !?!… belle moquerie de Kerim Maamer qui nous représentait ce jour-là à  »Pour ou Contre »…
    En fait, tous les professionnels que j’ai cités, qui ont fait un excellent travail titanesque, sont méprisés, insultés (comme le Dr Richard Gardner et d’autres) tout comme moi, d’ailleurs, par ces personnes « pro-mères », donc « anti-pères »…
    De plus, Madame Hirigoyen a toute mon admiration pour son travail… et j’estime qu’elle n’invente aucune science… quoi que la psychologie est souvent, pour ma part, aux mains de charlatans…
    En fait, la science n’est qu’une somme importante de preuves concernant 1 chose particulière…
    La personne qui a dénoncé la dérive des continents fut, lui aussi, critiqué et controversé… Le Monde est donc fait de négativistes qui font douter les découvertes réelles…

  6. Comité de Défense des Droits Parentaux
    21/09/2016 à 15:23 | #7

    Allez, quelques précisions sur les termes inscrits dans le DSM5…

    L’aliénation parentale et le DSM-5
    https://www.facebook.com/groups/apaftfl/
    Texte traduit de l’anglais par Dr. Paul Bensussan, psychiatre, expert national
    http://www.paulbensussan.fr

    Message de William Bernet, M.D.
    Professor Emeritus, Department of Psychiatry
    Vanderbilt University School of Medicine – Nashville, Tennessee
    à tous les membres du Groupe International de Travail sur l’Aliénation Parentale
    Dimanche 19 mai 2013

    Le DSM-5 a été enfin publié. Les experts du Groupe de travail du DSM-5 nous avaient dit il y a 2 ou 3 ans qu’ils ne voulaient pas que l’aliénation parentale figure comme un diagnostic séparé dans le DSM-5, mais qu’ils avaient pensé que l’aliénation parentale pourrait être considérée comme un exemple dans d’autres diagnostics qui sont dans le DSM-5. Les termes « aliénation parentale » ne figurent pas dans le DSM-5, mais plusieurs diagnostics peuvent être utilisés dans ces situations. Je dirais que l ‘«esprit» de l’aliénation parentale est dans le DSM-5, même si les mots n’y sont pas.

    Le « Problème relationnel Parent-Enfant » dispose désormais d’un chapitre dans le DSM-5, et pas seulement d’une étiquette. La discussion explique que les problèmes cognitifs dans un problème relationnel parent-enfant « peuvent inclure des attributions négatives aux intentions de l’autre, de l’hostilité envers l’autre ou la prise de l’autre comme bouc émissaire, ainsi que des sentiments d’éloignement injustifiés. » C’est une assez bonne description d’un enfant du point de vue du parent aliéné, même s’il s’agit d’une utilisation malheureuse du mot «éloignement».

    « Abus psychologique de l’enfant » est un nouveau diagnostic dans le DSM-5. Il est défini comme « actes non accidentels de violence verbale ou symbolique de la part d’un parent ou d’un adulte proche, qui ont pour résultat, ou qui ont potentiellement pour résultat, un dommage psychologique significatif chez l’enfant. » Dans de nombreux cas, le comportement du parent aliénant constitue un abus psychologique de l’enfant.

    « Enfant affecté par une relation parentale en détresse » est un autre nouveau diagnostic dans le DSM-5. Il doit être utilisé « lors de l’examen clinique d’un enfant dans la famille, si la discorde parentale (par exemple, des niveaux élevés de conflit, de détresse ou dénigrement), a des effets négatifs sur l’enfant dans sa famille, y compris avec des effets inducteurs de troubles psychiques ou physiques chez l’enfant.  » C’est également une bonne description de la façon dont l’aliénation parentale apparaît.

    « Trouble factice imposé à un autre » est la terminologie du DSM-5 pour « trouble factice par procuration » ou « syndrome de Münchhausen par procuration ». Sa définition est :  » falsification de signes ou de symptômes, physiques ou psychologiques, ou induction de blessure ou de maladie, chez un tiers, associée à une tromperie identifiée. » Dans certains cas, cela pourrait décrire le comportement du parent aliénant.

    « Symptômes délirants chez un individu partenaire d’un individu avec un trouble délirant » est la terminologie du DSM-5 pour « trouble psychotique partagé » ou « folie à deux ».
    La définition est : « Dans le contexte d’une relation, la thématique délirante du partenaire dominant fournit un contenu de croyance délirante chez l’individu qui pourrait autrement ne pas répondre entièrement aux critères du trouble délirant».

    On peut dire en conclusion que le concept de l’aliénation parentale figure clairement dans le DSM-5, bien que les mots exacts n’y soient pas. C’est une grande amélioration par rapport DSM-IV-TR, surtout avec l’ajout des nouveaux diagnostics : « abus psychologique sur enfant » et « enfant affecté par une relation parentale en détresse ».

    https://www.facebook.com/groups/apaftfl/

  7. 21/09/2016 à 16:18 | #8

    Je suis au fait des notions que vous relatez. Voir mon Point 2 à ce billet : https://blogs.mediapart.fr/pierre-laroche/blog/060615/commentaire-pour-marie-christine-gryson-propos-son-feu-billet-outreau-proces-de-rennes-maurice-b

    Mes écrits (ici) ne sont pas « hors sujet ». Ils sont un peu plus large que le seul champ de l’aliénation parentale… Si la psychanalyse venait à être condamnée une nouvelle fois par la HAS (Haute Autorité de Santé) en France, mais cette fois-ci pour sa non-légitimité à se positionner sur les notions de besoins des enfants en matière de parentalité, une bonne partie du contenu de ce livre devrait donc s’avérer caduque puisque la majorité des auteurs du livre est de pratique psychanalytique et qu’à la vue des quelques exemples cités par La Rédaction, je ne vois rien d’autre que blabla psychanalytique.

    Que les auteurs dénoncent ce fléau est respectable. Qu’ils extrapolent ensuite vers des théories jamais validées (par la communauté de la psychologie scientifique) les discrédite et discrédite ce sujet à l’égard, notamment, de la magistrature qui se trouve déjà tiraillée entre deux feux opposés. Pour plus d’efficacité, les auteurs auraient dû expliquer dans leur ouvrage :
    – pourquoi il existe des psy opposés à ce concept,
    – pourquoi TOUS ces psy sont TOUS de pratique psychanalytique,
    – pourquoi il n’existe aucun psychologue de pratique scientifique (ex : psychologie du développement, TCC, etc.) qui conteste ce concept.

    Ces explications auraient été utiles à la communauté et plus particulièrement aux magistrats qui ne font pas la différence entre un psychologue scientifique et un psychanalyste. De plus, ils ont la compétence pour développer ce sujet puis qu’eux même sont de cette pratique. Par contre, cela reviendrait pour eux à se tirer une balle dans le pied ou à couper la branche sur laquelle ils sont assis.

  8. Améthyste
    21/09/2016 à 22:55 | #9

    Monsieur Laroche brouille les pistes au détriment des victimes qu’il prétend vouloir aider par sa bonne information. Donc il commence par dénigrer les professionnels qui travaillent en défense des victimes, lesquels professionnels ont pourtant vu de leurs yeux, vu et rencontré des familles et ainsi ont relevé des faits, et donc font part de leurs constats sur la réalité de telles souffrances. Dans le même temps, il indique que les « méchants » dans le camp adverse sont favorisés par de tels travaux de mauvaise reconnaissance des faits effectués par le camp de la défense des victimes. Il conclu lui-même qu’il ne fait que contester lesdits défenseurs dans leur légitimité (donc il s’agit d’un règlement de compte personnel, sans doute de la pure jalousie), tout en poursuivant que l’objet (l’aliénation) de cette défense devrait être protégé ; tout en indiquant que « c’est dommage » « Ces ouvrages manquant de rigueur et se rapprochent davantage du roman de science fiction (ou d’horreur) que de la science », allant ainsi totalement à l’encontre des faits constatés (tournant ainsi en totale dérision la souffrance de ces enfants victimes (science-fiction, roman d’horreur). Il suffit pourtant de regarder pour constater que ces romans d’horreur sont bien réels. Bref, Monsieur Laroche aura voulu se faire plaisir à retourner le cerveau des lecteurs, afin que plus personne n’y comprenne quoi que ce soit, en niant les faits pour (prétendument) invoquer, vouloir faire lui-même de la science. Que comprendre de sa tentative de démonstration, de ce qu’il veut et de ce qu’il ne veut pas dire ? La science sans les faits devient de la science-fiction. Il embrouille ou bien règle ses comptes personnels ou ne parvient pas à régler son propre conflit avec « les mutations des rôles masculin et féminin » (mutation qu’il ne semble pas supporter). Merci pour les victimes de ces romans d’horreur. Veut-il prendre leur place ?

  9. Comité de Défense des Droits Parentaux
    22/09/2016 à 08:10 | #10

    Allez… Pierre Laroche, je vais, une fois de plus, tenter d’éclaircir des confusions…
    Le sujet, ici, est bien  »l’ouvrage remarquable publié sous la direction de Roland Broca et d’Olga Odinetz : « Séparations conflictuelles et aliénation parentale » » ! êtes-vous d’accord, Monsieur Laroche ?
    Alors… ne tirez donc pas sur les professionnels concernés dans cet ouvrage remarquable, S.V.P. vous parlez, ici, de psychanalystes ? Mais, ces professionnels ne se basent pas sur la psychanalyse ! Ils se basent sur ce qu’ils ont vu et entendu dans leurs cabinets ou autre part…
    Et puis, dans cet  »art nébuleux » (et non une science) de la psychanalyse, il y a les  »professionnels » qui ont appris l’art de la psychologie mais qui aussi des charlatans, des médiocres, des escrocs,… comme il y en a dans tous les domaines…
    Vous parlez donc du  »sujet » ainsi que des conséquences de l’AP… mais combien avez-vous rencontré de situations de pères ou de mères, victimes de  »parentectomie » injustifiées ? après leurs conflits de séparations ou de divorces ? et qui ne voyaient plus leurs enfants ? et ce, sans raison valable ?
    Personnellement, depuis janvier 1994, j’en ai rencontré plus de 10.000. Peut-être davantage, car l’on finit par cesser de poursuivre les comptes…
    J’estime donc, d’avoir assez d’expériences (du terrain) pour pouvoir apprécier… ou non… les bons avis (exacts) ou les mauvais avis (erreurs de pensées) de certains prétendus  »docteur en médecine », et spécialistes en pédopsychiatrie, psychanalyse, … où l’on rencontre aussi, chez eux, de la médiocrité, des erreurs importantes dans leurs diagnostics… chez ces charlatans… Alors ? Pourquoi ne pas conférer sur  »la solution » simple, peu coûteuse, efficace à +- 95 %, permettant d’approcher les 100 % de résidences alternées, évitant les souffrances et les dégâts importants sur la santé des enfants et celle des parents, tous victimes de leurs bris de lien de loyauté, évitant les suicides d’enfants et ceux de parents désemparés, déçus de la vie,  »la solution » faisant économiser à la France, entre 1 et 6 milliards d’€, chaque année… Alors ? Oui, pourquoi ne pas créer un  »Code de la Famille » avec de bonnes pratiques de résolutions des conflits ? Et pourquoi donc, que, depuis près de 30 ans, l’on n’aborde-t-on pas  »la solution » ?

  10. Comité de Défense des Droits Parentaux
    22/09/2016 à 08:50 | #11

    Par contre, Monsieur Laroche, je partage votre avis sur les attitudes détestables, indécentes,… très confusionnelles, de ces  »professionnels » qui ont réussi à convaincre les « Législateurs » de légiférer de manière totalement discriminatoire, injuste, et donc, illégale… Dans un « État de Droit », où l’on perd ses droits, sans raison valable, cela devient un « État sans Droit », c’est à dire un « État Voyou » !

  11. 22/09/2016 à 11:50 | #12

    Bonjour

    Il est étonnant que des cliniciens puissent avancer des pourcentages d’ailiénation parentale alors que ce concept n’a même pas encore de définition unique, et qu’il y a encore aujourd’hui une insuffisance de connaissances tant sur les critères de diagnostic que sur les diagnostics différentiels, la pathogenèse ou les traitements !
    Quoi que prétende le docteur Bensussan, le « syndrome d’aliénation parentale » (ou « l’aliénation parentale ») a été refusé d’inclusion dans la nouvelle mouture du DSM « faute de preuves empiriques suffisantes »
    http://www.lenfantdabord.org/lenfant-dabord/1202-2/

    C’est à la suite de l’avis de spécialistes connus comme références internationales en tant que spécialistes des divorces conflictuels et de leurs conséquences sur les enfants et qui sont tous directeurs ou membres d’un programme de recherche sur l’aliénation parentale que la Task Force du DSM a refusé cette inclusion dans les nosographies internationales !
    Et ces chercheurs expliquent point par point les raisons de leur refus :

    http://www.lenfantdabord.org/wp-content/uploads/2016/07/SAP-courrier-JOHNSTON.pdf

    Les erreurs de diagnostic ont été si nombreuses aux USA, mettant nombre d’enfants en danger, que le guide révisé en 2006 du Conseil National des Juges aux Tribunaux de la Famille (National Council of Juvenil and Family Court of Judges) des USA a inclus un énoncé qui dénonce le SAP comme de la « junk science » c’est-à-dire une « science de pacotille, » et plusieurs Etats ont adopté des législations pour éliminer l’utilisation de ce type de défense dans les litiges de garde.

    Une étude ( 2013) demandée et financée par le Ministère de la justice américaine et faite par trois chercheurs (Silberg et coll.) démontre que nombre d’enfants sont confiés par la justice à un parent violent ou abuseur au prétexte d’une aliénation parentale faite par le parent qui demande une protection pour lui et ses enfants (le plus souvent des mères).

    Dans cette étude les chercheurs analysent les raisons qui amènent des juges à confier des enfants au parent agresseur : les allégations faites au moment de la séparation sont a priori considérées comme fausses (et le fruit d’une « aliénation parentale ») !

    Cette étude rejoint celle faite en 2004 par le professeur Jay Silverman (Havard) qui confirme que 54 % des dossiers de garde qui impliquaient de la violence documentée ont vu la garde des enfants confiée à l’agresseur et que l’aliénation parentale était plaidée par ce dernier dans presque tous les dossiers.

    http://www.lenfantdabord.org/wp-content/uploads/2011/06/SAP-ETUDE-DE-SILBERG1.pdf

    Enfin, dans une étude faite par Johnston et Goldman sur un suivi au long cours d’enfants qui avaient rejeté ou refusé un parent, les deux raisons les plus fréquentes parmi toutes tiennent au comportement problématique du parent rejeté « prise en charge inadéquate, problématique ou abusive ».

    http://www.lenfantdabord.org/wp-content/uploads/2016/07/SAP-publication-GOLDMAN-JOHNSTON-Résultats-3.pdf

    Je terminerai en disant qu’aux USA plusieurs psychologues, dont Douglas Darnall souvent cité en référence par les tenants du SAP, qui ont fait ce diagnostic lors d’expertises ont été sanctionnés.

  12. rivoire
    23/09/2016 à 19:12 | #13

    Bonsoir,
    Je m’invite brièvement, juste pour dire que derrière un mot qu’on n’aime pas forcément, il y a quand même une idée générale.
    Cette idée, c’est que le préjugé matrocentrique existe encore et joue au profit d’une législation qui n’a pas encore pris en compte l’évolution de la société, et notamment le fait qu’il existe désormais des pères maternant.
    Il est temps de rééquilibrer les choses, et d’observer les résultats de la résidence alternée: cela peut se faire tout à fait scientifiquement et rationnellement.
    Ensuite, il faudra bien trouver la manière de raconter cela de manière lisible et entendable pour le plus grand nombre.
    Cordialement

  13. 24/10/2016 à 16:26 | #14

    @ rivoire. Il n’est pas question ici de résidence alternée mais d’aliénation parentale, concept non encore défini, non encore développé scientifiquement et qui génère de ce fait de graves erreurs de diagnostic qui mettent des enfants en danger.

    http://www.lenfantdabord.org/wp-content/uploads/2016/07/SAP-par-Barry-Goldstein.pdf

    Pour le reste, êtes-vous certain qu’il s’agit d’un « préjugé matrocentrique » ? Car si on se fie aux études sociologiques les plus récentes, on découvre que, qu’elles travaillent ou pas, les mères sont toujours celles qui s’occupent essentiellement des enfants pendant la vie commune :

    • Le Centre d’Analyse Stratégique, n° 294 (octobre 2012), « Désunion et paternité », rapporte :

    « La participation des pères n’a progressé que de 5 minutes en moyenne entre 1999 et 2010, même au sein des couples bi-actifs.
    Globalement, les femmes continuent de porter la charge des ajustements entre vie familiale et emploi. Une naissance implique une transition professionnelle, voire un déclassement, pour une part significative de femmes (sortie du marché du travail, passage à temps partiel, changement de poste), les ajustements pour les hommes étant moindres et n’étant pas de même nature.
    Moins d’un cinquième des hommes déclarent un changement professionnel après une naissance contre la moitié des femmes. L’examen des couples bi-actifs montre que la tendance à une spécialisation “traditionnelle” des femmes dans la sphère privée-familiale se renforce avec la naissance de chaque enfant
    Les différences dans le travail parental entre hommes et femmes sont aussi qualitatives. Les mères dédient le temps consacré aux enfants aux soins, au suivi des devoirs ou au travail domestique, tandis que les pères l’affectent plutôt aux loisirs et aux transports.
    Les mères restent beaucoup plus présentes que les pères auprès des enfants le mercredi et s’arrangent pour les garder en cas d’imprévu (maladies, grèves, etc.), même quand les pères occupent des emplois leur permettant de moduler davantage leurs horaires  »

    Quant à la résidence alternée, elle est toujours pensée et exigée, contrairement aux pays anglo-saxons, comme un temps égalitaire que l’enfant, quel que soit son âge, doit passer chez chaque parent. Or ce 50/50 est le rythme, non seulement totalement déconseillé pour les jeunes enfants, mais aussi le plus éprouvant.

    http://www.lenfantdabord.org/wp-content/uploads/2014/07/Lettre-adressée-aux-professionnels-de-l2.pdf

    http://www.lenfantdabord.org/wp-content/uploads/2014/07/Cette-pétition-a-recueilli-plus-de-5000-signatures-de-professionnels.pdf

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