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Traitement apaisé des séparations, la balle est dans le camp des praticiens

Interrogé sur une possible expérimentation de la méthode, dite de Cochem, le Gouvernement reconnaît que la question mérite réflexion mais renvoie surtout à une coopération interdisciplinaire des différents acteurs.

Le Gouvernement a déjà exposé sa volonté de développer des modes alternatifs de règlement des différends, particulièrement en matière familiale. Il espère impulser ainsi un changement de positionnement des parents confrontés à un désaccord en les incitant à favoriser la voie de résolution préservant le mieux la poursuite de rapports parentaux apaisés. L’expérimentation de la tentative de médiation familiale préalable obligatoire et l’ouverture à la médiation après décision judiciaire sont autant de preuves de cette volonté. Car si la méthode dite « de Cochem » repose sur une coopération interdisciplinaire des professionnels appelés à intervenir dans le traitement des litiges familiaux, elle suppose plus profondément un état d’esprit, partagé entre tous les acteurs, y compris les parents, favorable à la résolution pacifiée du désaccord, dans l’intérêt de l’enfant. Cette méthode utilisée en Allemagne implique ensuite des autorités, en particulier l’Office de la Jeunesse allemand, qui n’ont pas d’équivalent en France. Les choix processuels retenus par les juridictions allemandes qui la mettent en oeuvre doivent nécessairement tenir compte de la procédure civile nationale. Son application en France supposerait donc une adaptation qui mérite réflexion. En tout état de cause, le caractère volontaire de l’implication des différents acteurs conduit à considérer que l’outil le plus adapté à son expérimentation en France serait la conclusion de conventions locales interprofessionnelles. Les juridictions intéressées par cette méthode, les avocats spécialisés dans le contentieux de la famille, les médiateurs et, le cas échéant, d’autres acteurs, associatifs notamment, ont donc d’ores et déjà la possibilité d’élaborer ensemble le cadre d’une coopération interdisciplinaire destinée à favoriser le traitement apaisé des contentieux familiaux.

Rép. min n° 7249, JOAN Q du 29 janv. 2019

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  1. 31/01/2019 à 11:44 | #1

    Bonjour,
    pour aboutir à un tel système de consensus parental il faut commencer par une formation des experts pour changer le paradigme (« l’état d’esprit ») toujours orienté (ouvertement ou couvertement) vers les désirs des adultes (être le gagnant) plus que vers les besoins des enfants de ne pas perdre la relation affective et réelle au quotidien avec un des deux parents.

    Je fais partie de la pratique de Cochem, on a fait le tour des cours de famille pendant des années, un juge, un avocat et moi, (psychologue, thérapeute et médiatrice).Il fallait surmonter les limites hiérarchiques des professions, il fallait leur faire comprendre l’avantage de la coopération interdisciplinaire par le partage de l’immense responsabilité et il fallait soutenir les parents et les encourager de reprendre l’autonomie parentale dans leurs propres mains.

  2. 31/01/2019 à 12:11 | #2

    Notre concept des formations sur invitation par les ministères des affaires familiales et de la justice : il fallait des participants de toutes les professions, juges, avocats, psychologues, assistantes sociales pour pratiquer la coopération sur place (apprendre à se connaître !), théorie sur le développement et les besoins des enfants, faire entrer les participants dans le monde déchiré des enfants au milieu du conflit parental, parler ouvertement des méthodes sublimes de parents, de la violence des manières hostiles-agressives ou agressives-passives pour écarter l’autre parent de la vie des enfants. Savoir faire la différence avec des perturbations pathologiques de personnalité.
    Tout cela est mis en pratique par la « vielle mode juridique » et par la « nouvelle mode coopérative ». Chaque participant voit, entend, ressent et comprend la différence.

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