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Paternités imposées

41is-7YtM8L__SL500_AA300_Ces derniers temps, il a largement été question de ces hommes qui entendent assumer leur rôle de père coûte que coûte.

Certains, pourtant, après la séparation se désengagent progressivement de l’éducation de leur enfant. Les juges le constatent souvent : les hommes sont finalement peu nombreux à revendiquer la résidence de l’enfant.

D’autres, s’estimant piégés, refusent tout simplement d’être pères. Les femmes peuvent bien accoucher sous « X », pourquoi ne pourraient-ils pas être des géniteurs sous « X » ?

Mary Plard, auteur de l’ouvrage « Paternités imposées » (LLL, janv. 2013), s’interroge. Amenée à défendre la cause de pères malgré eux, elle retrace la vie de quelques clients. A chaque fois, c’est le même scénario. À la suite d’une relation plus ou moins longue, qu’ils pensent sans lendemain, leur maîtresse leur annonce qu’elle est enceinte. Leur vie en est bouleversée. Ils ont déjà femme et enfants…

Même si l’on comprend que l’auteur ait pu être troublée par ces hommes qui ne sont pas nécessairement antipathiques, il est tout de même difficile de compatir à leur situation. Ces hommes sont tous, ou presque, des hommes riches, cadres supérieurs et d’un certain âge. Il ne s’agit nullement d’adolescents ou de jeunes majeurs qui se retrouvent pris au piège à la suite d’une soirée bien arrosée. Non. Tous ces hommes savent qu’un enfant peut naître d’une relation sexuelle avec une femme et que de ne pas répondre aux convocations de la justice, « de faire le mort » en pensant que le problème finira pas disparaître de lui-même, peut être lourd de conséquences.

Néanmoins, on suit avec intérêt les réflexions de l’auteur sur les droits pré-paternels du père. Certaines dispositions associent le père aux décisions fondamentales concernant l’enfant en gestation. À titre d’exemple, l’article L. 2141-10 du code de la santé publique impose à l’équipe médicale chargée d’effectuer une procréation médicalement assistée de « vérifier la motivation de l’homme et de la femme formant le couple ». Lorsqu’une IVG est envisagée, l’article L. 2213-1 du code de la santé publique prévoit que le « couple » peut être entendu.  

Paternité sous « X » ? Et vous, qu’en pensez-vous ?

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  1. Dewer
    14/03/2013 à 11:53 | #1

    Bonjour,
    Que dire à propos d’un homme effectivement d’excellent milieu social entretenant une relation extra-conjugale, et qui trouve en face de lui une maîtresse qui lui ment en ne prenant aucun moyen de contraception et est enceinte. Il serait normal qu’en ayant été trompé sur la réalité de la situation il puisse refuser de reconnaître la paternité.

  2. Guiomard
    14/03/2013 à 15:14 | #2

    Ayant également lu cet ouvrage, je voudrais souligner également le côté passionnant du travail de recherche de l’avocate confrontée à une problématique juridique somme toute assez nouvelle sur le terrain judiciaire, et qui en explore différentes voies, différents supports, une véritable enquête tout à fait intéressante, au-delà même de l’expression de ses doutes de femme, féministe, confrontée à ces « pères » qui se considèrent pris au piège.

  3. dekeuwer
    01/04/2013 à 18:33 | #3

    Cette situation est vieille comme le monde! Que des hommes fuient une paternité qu’ils n’ont pas voulue n’a rien de nouveau. Et que les femmes puissent mentir n’est…pas non plus une nouveauté!
    La seule chose que l’on oublie est que les erreurs ou fautes des adultes ne doivent pas peser sur les enfants. L’enfant a droit à ce que son lien de filiation paternel soit établi, quelles que soient les circonstances de sa conception.

    Quant à ceux qui ne veulent absolument pas devenir père, il y a un certain nombre de moyens sûrs et simples…

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